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Ministerial Statement · Monday 23 June 2025 Ministerial Statement

MIDDLE EAST CONFLICT – CALL FOR PEACEFUL CO-EXISTENCE

Proceeding
Ministerial Statement
STATEMENT BY MINISTER
Sitting
Monday, 23 June 2025
Item 4 of 6

The proceeding, in full

(2.32 p.m.) MIDDLE EAST CONFLICT – CALL FOR PEACEFUL CO-EXISTENCE

The Prime Minister

Mr Deputy Speaker, Sir, with your permission, I have a statement to make. Mr Deputy Speaker, Sir, as the rest of the peace-loving world, Mauritius is extremely concerned at the heightened degree of belligerence witnessed during the weekend in the Middle East, which, if not restrained, is bound to lead to further escalation and may spread the conflict across the region, thus putting in jeopardy peace in this part of the world. On behalf of the Government and people of Mauritius, I urge the international community to exercise its utmost influence on all parties concerned to give diplomacy a chance to settle the issue at play, and the differences that have emerged, peacefully. Allowing the conflict to continue and expand will only exacerbate the situation which has already reached a dangerous threshold. I, therefore, call on all parties concerned for an immediate cessation of hostilities, allow wisdom to prevail and urge them to sit at the negotiating table with a view to returning the region to peaceful co-existence. I have instructed the Ministry of Foreign Affairs to issue an official communiqué along these lines. Thank you.

The Deputy Speaker

Thank you. Okay, hon. Ms Henriette-Manan, you have the floor! (2.33 p.m.) Ms D. Henriette-Manan (Third Member for Rodrigues): Thank you, Mr Deputy Speaker, Sir. M. le président, c’est pour moi un immense honneur de prendre la parole dans cet auguste hémicycle sur un sujet aussi fondamental que celui du budget national. Mon intervention portera, naturellement, sur les enjeux que ce Budget soulève pour Rodrigues. En parcourant le document budgétaire présenté, on peut constater les efforts qui ont été consentis pour essayer de redresser notre économie, cela mérite d’être reconnu. C’est pourquoi je tiens à saluer le courage du Premier ministre d’avoir gardé le portefeuille si complexe du ministère des Finances dans le contexte actuel. Il aurait pu s’en décharger mais, comme le disait Nelson Mandela, un vrai leader ne cherche pas la position la plus facile, mais celle où il peut servir au mieux. En leader responsable, il a pris cette charge et la porte avec bravoure. Bravo à vous ! Parmi les mesures les plus marquantes de ce Budget figure, bien sûr, la réforme de la BRP, et c’est sans doute celle qui suscite de vifs débats, et c’est normal, car elle nous touche toutes et tous profondément, humainement et socialement. Rodrigues, de par sa configuration démographique et sociale, sera particulièrement affecté. Notre réalité est différente de celle de Maurice et elle mérite d’être prise en compte. La population rodriguaise, c’est quoi ? C’est de nombreuses familles où les grands- parents sont les piliers économiques, attendant avec impatience leur pension pour subvenir décemment aux besoins de leurs proches ; des mères de famille souvent seules à subvenir aux besoins du foyer, pour qui, l’âge de 60 ans représente un soulagement, espéré après une vie de sacrifice ; des travailleurs physiques dans les champs, la construction, la mer qui peinent déjà à atteindre 60 ans. Alors, imaginez 65. Cinq années de plus. Ce n’est pas qu’un chiffre, c’est cinq années de fatigue en plus, cinq années d’attente, cinq années d’injustice ressentie. C’est pourquoi, M. le président, le travail des deux comités ministériels mis sur pied est fondamental mais, comme l’a souligné l’honorable Collet, il est indispensable que ces comités prennent en considération les voix de ceux qui connaissent les réalités spécifiques de Rodrigues et des autres îles de la République. On ne peut pas réformer en profondeur sans consultations équitables. J’ose humblement demander à ce que Rodrigues et les autres îles soient considérées comme un cas spécial par rapport à cette réforme qui, définitivement, impactera largement sur leur population. M. le président, économie ou équité sociale, voilà la véritable question. Nous comprenons les défis. Oui, la population vieillit. Oui, les pensions universelles pèsent de plus en plus lourd sur le budget national. Oui, il faut garantir la viabilité du système à long terme. Mais est-ce juste demander aux plus vulnérables de porter en premier le poids des erreurs accumulées par ceux qui ont mal géré notre économie ? Est-ce trop demandé que nous, les parlementaires, donnons l’exemple ? Je soutiens donc la proposition de l’honorable Parapen pour la mise sur pied d’un comité visant à réviser certains privilèges parlementaires. À une époque où l’on parle de réduction des gaspillages et d’équité de l’effort, cela me semble être une exigence de justice et de cohérence. En conclusion, sur ce point, mes chers collègues, ne faisons pas de cette réforme une simple mesure technique. Faisons-en une réforme humaine, progressive et équitable. Oui, à la responsabilité budgétaire. Mais non à une réforme qui sacrifie les plus faibles. M. le président, l’économie nationale traverse une période difficile et cela se répercute forcément à Rodrigues, parfois même plus sévèrement. Je tiens à exprimer ma reconnaissance à l’honorable Premier ministre qui a su écouter le gouvernement régional de Rodrigues et qui a généreusement alloué un budget de R 5,785 milliards, dépassant ainsi les R 4,82 milliards votés par l’Assemblée régionale. Ce geste est un signe d’attention à nos réalités et je salue cet engagement. Rodrigues est conscient des enjeux économiques difficiles actuels. C’est pour cela que nous comprenons et acceptons une baisse dans notre budget alloué. Mais permettez-moi de dire ceci. Le peuple Rodriguais est résiliant. Il l’a toujours été, et il le restera. Cependant, nous sommes fatigués par des élections qui reviennent tous les deux ans nous maintenant dans une campagne électorale quasi permanente et dans une division politique destructrice. Fatigués par les blocages administratifs constants et paralysants auxquels se heurtent les gouvernements régionaux malgré leurs bonnes intentions. Fatigués par des budgets nationaux qui souvent, au lieu d’apporter des solutions concrètes, rajoutent parfois de nouveaux obstacles. Notre peuple ne demande pas l’aumône, M. le président. Il a toujours revendiqué sa juste part, ce qui lui revient. Nous sommes citoyens à part entière de cette République. Nous contribuons, nous aussi, à l’économie de Maurice, même si certains commentaires sur les réseaux sociaux semblent croire le contraire. Des difficultés, nous en vivons. Je ne vais pas les énumérer ici, ayant déjà dressé ce constat dans mon discours inaugural et sachant que beaucoup avant moi y ont déjà fait référence. M. le président, ce discours n’est pas un discours d’accusation, mais un appel de la conscience, un appel à ce que chacun dans cet hémicycle regarde ce que vit le Rodriguais au quotidien. Pour cela, je vais prendre un point essentiel : le transport entre Maurice et Rodrigues. M. le président, peut-on parler de développement équitable, d’unité nationale si les citoyens d’une part de la République n’ont pas un accès fiable, régulier et digne à la partie principale du pays ? Et là, je ne pense pas à Rodrigues seulement, mais à Agaléga aussi qui mérite un transport régulier et fiable de et vers Maurice. Le transport, qu’il soit maritime ou aérien, reste un point noir majeur pour nous à Rodrigues. Retard, manque de communication, coût élevé, difficilement accessible à bon nombre de familles rodriguaises, capacité insuffisante et limitation de kilos, gestion parfois inhumaine, notamment pour les situations d’urgence. M. le président, nous, les députés de Rodrigues, pourrions témoigner chaque semaine des retards fréquents d’Air Mauritius et du manque de considération dont fait souvent preuve la compagnie sur la liaison Maurice- Rodrigues. Ce n’est pas simplement une question de confort ou de luxe. C’est parfois une question de survie. Le transport entre Maurice et ses îles ne doit pas être seulement commerciale. C’est aussi un service essentiel. Je lance donc un appel pour une réforme en profondeur de la politique de transport entre Maurice et ses autres îles. Un investissement dans un navire moderne, fiable et adapté aux besoins humains, une réorganisation des dessertes aériennes avec des quotas réservés aux urgences médicales, aux étudiants et aux cas prioritaires. Pourquoi pas un avion médical ? Affréter d’autres compagnies si la compagnie nationale ne peut garantir une desserte intérieure à un prix raisonnable pour préserver l’intérêt des citoyens. Ce lien entre nos îles doit être renforcé. Il est vital pour notre population, pour notre économie et pour notre cohésion nationale. Le budget fait mention de R 1 milliard alloué pour le projet de développement de l’aéroport de Rodrigues. Je souhaite qu’au plus vite ce développement tant attendu se fasse dans l’île. M. le président, je voudrais aussi souligner que ce budget ne se résume pas uniquement à des sacrifices. Il comporte aussi des mesures intéressantes qui bénéficieront directement Rodrigues. Je salue notamment la décision d’instaurer une contribution de trois euros par visiteur. Une mesure qui pourrait générer des revenus significatifs pour le développement de notre île, surtout dans le contexte actuel, car, oui, le nombre de visiteurs à Rodrigues a considérablement augmenté. Ce flux touristique doit profiter directement à notre population et je propose de travailler sur un système pour que cette taxation collectée sur les touristes à Rodrigues soit reversée à la commission du tourisme. Cette mesure, si elle est bien encadrée et redistribuée, peut permettre d’investir dans le secteur touristique de Rodrigues. Je propose que Rodrigues soit pleinement intégré dans l’orientation touristique nationale ainsi que dans la stratégie marketing en mettant en avant ses richesses culturelles, gastronomiques et patrimoniales. M. le président, Rodrigues vie de la mer. Nos pêcheurs sont parmi les plus travailleurs du pays. La pêche artisanale est non seulement un pilier économique, mais aussi un héritage culturel. En outre, l’économie bleue est au cœur de la stratégie nationale avec des mesures de protection marine et la création d’un corridor océanique, incluant un blueprint pour une pêche durable. Les mesures proposées doivent être pleinement accessibles aux pêcheurs de Rodrigues, et surtout adaptées à notre réalité insulaire. Cela repose sur une collaboration étroite entre les autorités centrales et la commission de la pêche de Rodrigues ainsi qu’une simplification des démarches administratives. Je plaide pour un suivi rigoureux de la mise en œuvre de ces engagements avec des indicateurs clairs et une consultation régulière des pêcheurs eux-mêmes. Et j’ajouterai que Rodrigues bénéficie aussi d’un port de pêche qui bénéficiera certainement au marché du poisson de l’île. Concernant le secteur de l’éducation, les mesures proposées sont porteuses d’espoir, notamment pour nos jeunes à Rodrigues. Je profiterai pour remercier l’honorable ministre, Dr. Gungapersad, pour sa présence aux Assises de l’éducation à Rodrigues, pour ses prises de position sur les demandes formulées pendant ses deux jours et les retombées positives de sa visite dans l’île. Il est impératif que les initiatives annoncées dans le budget soient effectivement étendues à Rodrigues, car nos élèves doivent pouvoir bénéficier des mêmes ressources et du même encadrement pédagogique. L’éducation reste l’un des plus puissants outils de transformation sociale. Je me réjouis que ce budget lui accorde une attention particulière. Encore faut-il veiller à ce que les retards d’implémentations que nous subissons trop souvent dans l’île soient évités cette fois. Un pilier fondamental de notre avenir, c’est la jeunesse. Ce budget prévoit un renforcement de plusieurs programmes à destination des jeunes, notamment dans les domaines du sport, de l’entrepreneuriat et de la formation civique. Ce sont des signaux encourageants, car investir dans la jeunesse, c’est investir dans la stabilité et la cohésion de demain. Mais il est essentiel que ces mesures soient décentralisées et adaptées à la réalité rodriguaise. Nos jeunes manquent souvent d’accès à des infrastructures de base et d’opportunités pour se développer encore plus sur le plan sportif. Permettez-moi, M. le président, d’ouvrir aussi une parenthèse importante. Dans toutes les politiques publiques, qu’il s’agisse de l’éducation, de la protection sociale, du sport ou de l’économie, il est essentiel que l’approche soit sensible aux genres et qu’elle tienne compte des besoins spécifiques des femmes, des familles et des enfants. À Rodrigues, les femmes sont trop souvent le pilier silencieux du foyer, de l’économie informelle et du tissu social. Ce budget va leur tendre la main en leur garantissant un accès équitable aux formations, aux financements, aux emplois, mais aussi à des services de garde d’enfant, à des programmes de soutien psychologique et à la lutte contre les violences domestiques. M. le président, la fonction publique à Rodrigues traverse une crise silencieuse mais profonde. Le manque de personnels qualifiés dans plusieurs services essentiels qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation, de l’administration ou encore de services techniques freinent nos capacités à servir efficacement la population. Ce déficit humain fragilise l’action publique et accentue les frustrations des citoyens. Il est donc urgent que le recrutement se fasse de manière plus régulière, transparente et basé sur la méritocratie. Nous devons offrir aux jeunes Rodriguais compétents des vraies perspectives d’engagement dans le service public sans clientélisme ni lenteur injustifiée. Et ceux qui sont déjà en poste et qui travaillent avec rigueur, méritent d’être reconnus par des promotions justes et motivantes. M. le président, nous avons six sage-femmes à quelques années de leurs âges de retraite, qui attendent toujours une promotion alors qu’à Maurice, cinq ans après leur confirmation dans un même poste, les sage-femmes sont promues. Ces femmes, malgré tout, restent dévouées dans le travail, mais on ne peut que comprendre leur amertume face un système qui les a laissé tomber. Je tiens aussi à soulever une injustice particulièrement sensible – celle des Rodriguais travaillant actuellement dans la fonction publique à Maurice. Que ce soit dans la police, les services d’incendie, d’autres ministères à Maurice et qui souhaitent être transférés chez eux à Rodrigues, souvent pour des raisons familiales ou de santé. Malheureusement, beaucoup d’entre eux voient leurs demandes restées sans réponses pendant des années malgré leur ancienneté et leurs droits légitimes à servir sur leur île natale. Je pense à ces 14 pompiers qui, d’année en année, voient leur espoir de transfert s’amoindrir. Ces transferts devraient être facilités de manière humaine, organisée et équitable. Enfin, je veux souligner une autre égalité structurelle – celle des formations, allocations et avantages accordés aux fonctionnaires basés à Maurice mais des fois inaccessibles à leurs collègues à Rodrigues. Que ce soit pour les pompiers, infirmiers, les enseignants, les officiers administratifs ou autres corps de métier, les opportunités de développement professionnel, les bénéfices des certaines indemnités sont souvent moins à Rodrigues. On justifie cela parfois, par le statut autonome de l’île. Mais sur le terrain, cela est vécu comme une forme de discrimination institutionnelle. L’autonomie ne doit jamais servir de prétexte à une inégalité de traitement entre les citoyens d’une même république. Je demande donc une harmonisation des conditions, un meilleur suivi des carrières, une reconnaissance réelle de la contribution des fonctionnaires Rodriguais à la république. J’en profite pour remercier les ministres qui, depuis leur entré en fonction, ont tenu à venir voir de visu ce qui se passe à Rodrigues – l’honorable Dr. Sukon, l’honorable Yeung Sik Yuen, l’honorable Nagalingum et l’honorable Dr. Gungapersad. Une collaboration étroite entre les ministères et les commissions des tutelles sont la clé pour bon nombre des problèmes énumérés. M. de président, je souhaite également m’arrêter un instant sur un point qui bien que souvent évoqué, mérite une analyse plus profonde – le faible taux d’exécution budgétaire à Rodrigues. En effet, selon les chiffres, seulement 37 % des projets budgétaires pour l’année 2024 auraient été réalisés. Chiffres qui d’ailleurs, selon mes sources, pourraient être recalculés à la hausse avec des nouveaux apports de la RRA. Toutefois, cela reste préoccupant mais ce n’est malheureusement pas une situation nouvelle ni propre à un seul gouvernement régional. Cela fait plusieurs années que Rodrigues peine à mettre en œuvre une grande partie des projets votés et budgétés. Ce qui me désole, M. de président, c’est que pour la première fois, cette question a été véritablement soulevée mais dans un but purement politique car la vraie question à poser serait plus – comment faire pour que cela ne se reproduise plus plutôt que de chercher à jeter la pierre dans une logique partisane. Le problème n’est pas un parti. Le véritable nœud du blocage réside dans des obstacles administratifs récurrents, de lenteur procédurale, des zones d’ambiguïté entre les compétences nationales et régionales et parfois un manque de coordination entre les institutions. Il est donc temps de sortir de la logique d’accusation pour entrer dans une dynamique de solution. Trouvons ensemble des mécanismes plus efficaces de planification, des suivis et des mises en œuvre des projets à Rodrigues, qu’ils s’agissent de simplification administrative, de renforcement des capacités locales ou de délégation plus claire des responsabilités. Ce que nous devons viser, ce n’est pas un score politique, c’est le progrès réel pour un peuple qui attend. M. le président, Rodrigues n’est pas en marge de la république. Elle en est une part entière, vivante, courageuse, parfois oubliée mais toujours debout. À travers ce budget, nous ne demandons pas des faveurs ; nous demandons justice, écoute et équité. Nous demandons que nos réalités soient comprises, que nos spécificités soient respectées et que notre population ait les mêmes droits, les mêmes chances, les mêmes outils pour avancer. Oui, nous comprenons les contraintes budgétaires, les défis économiques, la nécessité de réforme courageuse mais ces réformes doivent être justes, humaines et inclusives car ce sont les plus fragiles qui payent toujours les prix des erreurs collectives. Je vous invite à travers ce budget à regarder Rodrigues, non pas comme une charge mais comme une chance ; une île de résilience, de dignité et de potentiel. Donnez à mon peuple des vrais moyens pour son développement. Donnez à sa jeunesse des perspectives. Donnez à ces familles du respect. Donnez à ces travailleurs de la reconnaissance. M. le président, si l’autonomie est une responsabilité, la république elle reste un lien et ce lien ne doit jamais être affaibli par l’indifférence ou l’oubli. C’est avec foi en mon peuple et espoir dans ce gouvernement que je termine cette intervention en appelant à plus de justice sociale et plus de cohérence nationale. Je vous remercie. The Deputy Speaker. Thank you. Hon. Edouard! (2.52 p.m.) Mr J. Edouard (Fourth Member for Rodrigues): Merci, M. le président. J’essayerai de ne pas être trop répétitif par apport à ma collègue. C’est toujours difficile de prendre la parole après, n’est-ce pas ? L’humanité est une seule famille. L’humain doit être au centre de nos préoccupations. La république est une grande famille. Dans une famille, on se serre les coudes ; on partage. On ne laisse personne sur le bord du chemin. Everybody on board comme le dit souvent l’honorable Deputy Prime Minister. Un budget n’est pas que des chiffres ; un budget, c’est un objectif, un budget est une vision. Je salue le courage exprimé par le Premier ministre dans ce budget. On dit que l’amertume de la vérité est toujours plus douce que la douceur du mensonge. Pour celui qui a faim et qui doit manger à tout prix, seul un morceau de pain peut lui faire entendre raison et on ne peut le blâmer. C’est aussi vrai pour la rue qui gronde et pour l’État qui se justifie. Il y a d’un côté ceux qui sont grandement impactés par la réforme de la pension et l’État qui doit combler ces déficits financiers. Certaines mesures sont passées au second plan tant la cristallisation sur la pension a détourné les regards, des mesures comme le fait de taxer les plus riches, la réforme de l’impôt sur les revenus, et l’abolition de la TVA sur certains produits. M. le président, comme le dirait Martine Aubry, ex-dirigeante du Parti socialiste français – « Le bon capitaine ne doit pas se laisser distraire par les clapotis des flots mais il doit certainement être concentré sur sa route en prenant compte des écueils et des observations de son équipage. » En ce qui concerne la pension, une solution semble s’esquisser en la forme de ces deux comités institués par le gouvernement. Ces comités doivent être l’occasion d’une consultation plus large, un vrai dialogue social pour la réforme du système de protection sociale dans son ensemble. L’équité semble être le maître mot car comme je l’ai toujours dit, l’égalité est souvent une illusion qui accroît les différences et qui élargit les fossés entre les classes sociales alors que l’objectif est justement qu’il n’y ait plus de fossés. Il faut en finir avec un système qui encourage l’assistanat. Il faut créer un environnement économique qui donne à tous la même opportunité. Peut-être faut-il venir avec d’autres caisses de retraite et réfléchir sur l’introduction, comme cela se fait ailleurs, d’une pension de vieillesse contributive. Les réalités économiques sont ce qu’elles sont mais le vieillissement impose ses limites physiologiques même si le vieillissement est un processus complexe et individuel – un peu comme l’histoire de l’œuf et de la poule – 60 ans ou vieillissement. M. le président, en ce qui concerne Rodrigues, loin des pôles de croissance nationaux, il y a beaucoup de retard à rattraper et la nécessité d’une attention particulière qui cadre avec les spécificités de l’île. Une grande partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le taux officiel de demandeurs d’emploi était de plus de 11 % l’année dernière. Un peu le double du taux de Maurice. Cependant, le taux réel de chômage est beaucoup plus. L’agriculture souffre de manque d’eau, de modernisation et de professionnalisation. Avec l’embargo sur l’exploitation des animaux, le secteur de l’élevage est au bord du subside. Beaucoup d’employés ne touchent même pas le salaire minimum. Le service de santé est au bord de l’effondrement – manque de personnel, manque d’équipement. Le transfert de patients à Maurice est devenu un calvaire pour beaucoup – manque de place sur l’avion, manque de place dans les hôtels. Un exercice ô combien budgétivore. Les perspectives limitées dans l’île entraînent une migration galopante. Certaines mesures de ce budget feront mal. Nous nous faisons l’écho des inquiétudes de Rodriguais par rapport aux difficultés qui viendront s’ajouter à leur quotidien. De par la pénibilité du métier, la pension à 65 ans est tombée comme une douche froide. Pêcheurs, piqueurs d’ourites, éleveurs, employés du secteur de la construction, femmes au foyer et tous ceux qui aspirent au repos à l’âge de 60 ans. Le nouveau prix du billet d’avion contribuera à un ralentissement de l’économie et, couplé de l’absence du traditionnel voyage par bateau, cela va davantage pénaliser les Rodriguais. Il faut penser à l’agrandissement du port. Il faut penser, comme l’a dit ma collègue, l’honorable Ms Henriette-Manan, à la réintroduction du bateau passager. Il faut réduire les inégalités entre Maurice et Rodrigues. Il faut favoriser la cohésion en renforçant les liens entre les différents territoires de la République et assurer l’accès aux services pour que tous les citoyens de la République, où qu’ils se trouvent, puissent avoir accès aux mêmes services publics, la santé et l’éducation. Au nom de la continuité territoriale, il faut une aide à la mobilité et une subvention pour les liaisons aériennes et maritimes. La continuité territoriale assure l’égalité républicaine. Sans elle, les Rodriguais se sentent exclus. Sur le plan local, il faut, bien sûr, faire preuve de plus de responsabilités. Il faut cesser avec cette atmosphère de campagne électorale permanente. Entre deux élections, il faut se donner un temps pour construire, développer et d’être attentif aux préoccupations de la population, chacun dans son rôle respectif. Il faut trouver des solutions aux problèmes de Rodrigues. Il y a déjà un plan de développement durable, le SIDPR. Il faut pouvoir le financer. M. le président, je rejoins ma collègue, l’honorable Ms Collet, dans son souci de clarification des rôles. Nous en sommes tous témoins, les parlementaires Rodriguais ; mes collègues, l’honorable Ms Henriette-Manan et l’honorable François, PPS dans le gouvernement sortant et qui est dans cette Assemblée depuis plus d’une décennie. Nous sommes témoins des atteintes à l’autonomie, des actions qui impactent sur notre implementing capacity. Ma collègue en a parlé – les tracasseries administratives, les hauts fonctionnaires qui semblent décider à la place de Rodrigues. La plupart des fonctionnaires font leur travail avec diligence et engagement. Mais il y a aussi des empêcheurs de développer en rond, des embusqués à l’œuvre pour opérer des blocages. Cela est aussi vrai pour Maurice et pour Rodrigues. Mais comme je l’ai déjà souligné dans mes précédentes interventions dans cette auguste Assemblée, il faut aller encore plus loin. Il faut consolider le pont entre Rodrigues et Maurice. Ensemble, construisons ce pont vers l’avenir. C’est ce gouvernement qui a le pouvoir de faire la différence. Il a le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et la majorité parlementaire pour venir avec de nouveaux arrangements constitutionnels avec une autonomie inscrite noir sur blanc. Une vraie autonomie qui reconnaît la spécificité de Rodrigues, le pouvoir législatif, le contrôle de son propre système fiscal et la gestion des services publics essentiels, des arrangements constitutionnels qui garantissent un quantum pour le budget de Rodrigues, l’introduction d’une Dispute Resolution Committee pour régler les divergentes appréciations de la loi, divergences qui pourrissent les relations entre les partenaires de la République, de vrais pouvoirs à l’Assemblée régionale sans les obstacles nationaux, sans ce labyrinthe administratif qui impact sur son implementing capacity. Une reconnaissance qui consolide le sentiment d’appartenance à une république solidaire et inclusive. Tous les espoirs sont permis pour la consolidation de cette autonomie que la population Rodriguaise appelle de tous ses vœux. Nous avons, à la tête de ce gouvernement, deux partis ancrés dans l’histoire, un Parti travailliste libérateur, un MMM progressiste qui a, entre autres, toujours accompagné Rodrigues vers la décentralisation, avec REA et les Nouveaux Démocrates, et un agenda réformiste. Les conditions sont donc réunies pour que l’histoire s’écrive avec un grand H. Avant de terminer, quelques remerciements. Je remercie le Premier ministre d’avoir accepté certaines demandes d’augmentation du budget de Rodrigues venant du Chef commissaire de l’Assemblée régionale. J’en profite pour remercier le Premier ministre d’avoir accepté la proposition d’inclure le chef commissaire dans le conseil de contrôle de la drogue. Merci, l’honorable Premier ministre. Nous remercions l’honorable Yeung Sik Yuen qui a été très attentif aux problèmes de Rodrigues et qui a été prompt à intervenir. L’honorable Assirvaden qui est attentif à la transition énergétique et aux problèmes énergétiques de Rodrigues. En passant, la transition énergétique devient d’actualité très importante avec ce qui se passe au niveau international, avec les menaces sur l’acheminement des produits pétroliers. Il faut dire qu’à Rodrigues avec l’expérience qu’on a eue, on peut très vite passer à la transition vers les énergies renouvelables. Merci également à l’honorable Dr. Gungapersad qui est très attentif à la question de l’éducation Rodrigues et l’honorable Dr. Sukon qui est attentif aux problèmes de nos étudiants qui viennent à l’université à Maurice et qui est prêt à considérer et à dépoussiérer le projet d’université de Rodrigues. Merci, l’honorable Dr. Sukon. Merci à tous ceux qui ont à cœur l’avenir et le développement de Rodrigues.

The Deputy Speaker

Thank you. Hon. François! (3.04 p.m.) Mr F. François (Second Member for Rodrigues) : Merci, M. le président. Permettez- moi d’abord, au nom de Rodrigues, de l’OPR et de son leader honorifique, Serge Clair, ainsi qu’en mon nom personnel, de rendre un vibrant hommage à feu Kailash Purryag, ancien Président de la République. J’ai eu l’occasion de travailler avec lui en sa qualité de Speaker. Il m’a soutenu à me forger comme parlementaire. C’était un homme humble et doté d’un sens aigu de la discipline. À sa famille et à ses proches, j’adresse nos sincères condoléances dans cette épreuve difficile. Je rejoins l’appel du Premier ministre et de l’ONU pour une cessation des hostilités au niveau international. M. le président, au sujet du budget, nous devons mettre le peuple au premier plan, car le pays est le peuple. Le peuple peut avoir des désaccords avec les gouvernants, mais nous avons ensemble un destin commun dans le respect de chacun. D’où cette responsabilité politique est nécessaire de prendre des décisions difficiles, voire impopulaires, pour le bien- être de la nation, de protéger ces droits et ces intérêts communs. Ceci dit, à Rodrigues, l’OPR a gagné les élections nationales de 2024 sur la base d’une seule vision et d’une seule idéologie politique, dans la confiance pour une île Rodrigues autonome, affirmée et respectée. L’OPR invite le gouvernement central à considérer les propositions de notre manifeste électoral, durant ce quinquennat, dans l’intérêt de la République et de Rodrigues. Je lance un appel à la jeunesse Rodriguaise : Rodrigues a besoin de vous en tant que patriotes pour envisager un avenir meilleur et préserver Rodrigues comme une richesse au sein de la République. Je soutiens la nécessité d’un profond engagement du gouvernement central, en particulier le Premier ministre et le Deputy Prime Minister envers Rodrigues à travers des actions prioritaires et une perspective républicaine pour faire réussir notre île Rodrigues autonome. Je vous remercie. Cette autonomie, je le rappelle à la Chambre, est le fruit d’un combat persévérant de l’OPR porté par son fondateur le leader, honorifique Serge Clair. La volonté politique du gouvernement de Sir Anerood Jugnauth et de Paul Bérenger ainsi que le soutien unanime du leader de l’opposition à l’époque, l’honorable Dr. Navin Ramgoolam et les autres leaders politiques présents ici en 2001. L’autonomie et l’identité Rodriguaise constitue une richesse au sein de la République de Maurice et leurs défenses constituent la base de mes propos. M. le président, ce premier budget s’inscrit dans un contexte financier national préoccupant. Il suscite à la fois des satisfactions et des mécontentements face à de nombreux défis. Let me comment on a few specific provisions. Mauritius is now fostering a new culture of innovation. Hon. Dr. Sukon rightly noted that – “It is the first time a Government has prioritised Research & Innovation in a budget or programme.” The MRIC Rodrigues team has repeatedly asked me, why Local and National Governments have shown little interest in making research and innovation a top policy priority. I am thankful that the hon. Prime Minister outlined a vision for economic renewal to unlock innovation through research and development and artificial intelligence, shaping an innovative Mauritius. This will reinforce our Rodrigues vision of Rodinnovation, a model of innovation, technology and modernity. Hon. Dr. Sukon, I urge for pressing action to provide MRIC Rodrigues with a proper innovative facility and a conducive working environment specially after their office was destroyed by fire. Mr Deputy Speaker, Sir, food security remains a national priority. Hon. Dr. Boolell stated there is a leakage of Rs61 billion on food imports while we earn only Rs34 billion from exports. It is urgent to increase our agricultural productivity, inclusiveness and resilience. The introduction of AI can offer solutions making agriculture more manageable and efficient. Innovative vertical and soilless farming hold untapped potential especially Rodrigues where land is limited. I recommend adopting this technology thereat. Mr Deputy Speaker, Sir, when it comes to education, the key questions are what kind of educated people should we develop? How should we do it and for whom? Following the Assises de l’Éducation, our goal remains to build an education system that meets our population expectations and produces a quality workforce. We await the final report. Regarding free tertiary education, there is a strong call for the Government to reconsider its stance on part time students, many of whom are not full-time employees. Consideration should be given to a case-by-case basis. M. le président, la pêche dans le but de promouvoir la pêche durable et de protéger les écosystèmes marins, ce budget prévoit que les pêcheurs pratiquant la pêche à la senne devront y renoncer en échange d’une compensation de R 200,000 pour les individus et R 300,000 pour les sociétés coopératives. Ma question concerne l’application de cette mesure à Rodrigues où la pêche à la senne est non seulement un pilier économique mais aussi une tradition, une culture et un mode de vie. Je demande au ministère de la Pêche d’engager des discussions avec les autorités Rodriguaises, la communauté des pêcheurs et les ONG concernées afin de trouver des alternatives adaptées aux spécificités de Rodrigues. Par exemple, il serait pertinent d’envisager la conversation des cartes de pêcheurs du lagon en carte au lagon. Concernant le projet de canote, une vingtaine de demandes ont été reçues. Cependant des problèmes administratifs et bancaires auprès de la DBM ont conduit au retour des chèques. Je plaide pour un suivi adéquat afin que les pêcheurs au lagon puissent pleinement bénéficier de cette aide. Selon l’article 34(3) de la loi sur la pêche, il est prévu que cinq grandes seines, cinq seines de la pêche, cinq seines à canards et 15 seines à crevette pour la pêche dans le lagon à Rodrigues. Cet article sera-t-il amendé pour prendre en compte la tradition et le droits fondamental des pêcheurs de Rodrigues de vivre de la mer ? M. le président, ce budget prévoit deux milliards de roupies dans un fonds de stabilisation des prix sur un total de R 10 milliards. Concernant Rodrigues, pourra-t-elle bénéficier de ce fonds pour réduire le coût de la vie notamment face aux coûts forts des frets. Il est nécessaire de mettre en place un mécanisme de gestion afin de rendre effective la baisse des prix à Rodrigues. La pension de retraite universelle à 65 ans, l’âge de visibilité à la pension universelle, un pilier de notre sécurité sociale. La question essentielle aujourd’hui est comment assurer sa viabilité financière à long terme ? Aujourd’hui, le pays doit assumer sa responsabilité envers l’avenir en pensant au 5, 10, 15, 25, 50 prochaines années. D’un point de vue responsable, la démarche technique de la réforme est nécessaire comme l’a clairement expliqué l’honorable Premier ministre dans son statement et aussi par l’honorable Subron, Uteem et autres. M. le président, je comprends la difficulté et l’impasse face à notre dette publique préoccupante avec le risque de dégradation de la note de Maurice par Moody’s. Le choix du gouvernement vise une restructuration essentielle pour garantir la soutenabilité financière et sociale de notre système. Sur le plan démocratique et sociale, je ressens que l’annonce a été brutale et injuste ce qui pourrait laisser des blessures dans notre démocratie. L’honorable ministre des Finances a fait un choix courageux. Pour certains c’est un progrès, pour d’autres un recul. Ce choix a un coût politique important, c’est une véritable bataille idéologique. Il est bouleversant et inquiétant de voir une partie du peuple de refuser cette réforme ce qui alimente la colère. Le courage consiste parfois à accepter un risque temporaire mais la légitimité publique repose sur la responsabilité, la soutenabilité financière et l’équité intergénérationnelle. À Rodrigues, la situation économique, géographique et démographique est plus complexe nécessitant une approche différente. La section 46 du Regional Assembly Act précise les critères pour l’allocation des ressources à Rodrigues notamment pour tenir compte de ses spécificités. Il faut considérer son isolement par rapport au pôle de croissance. Le faible effet multiplicateur des dépenses publiques, ces possibilités limitées d’emploi en autres. M. le président, je tiens à souligner que la voix du peuple de Rodrigues est très discordante. En tant que leur député, je me dois de faire entendre leur préoccupation. Je me souviens de Monsieur Begué alias Gaté, et de Monsieur Agathe, un bûcheron et menuisier qui, à 60 ans, m’ont dit avec fierté – « Monsieur François, nous allons entrer dans le gouvernement pour nos 60ans. » Monsieur Gaté était le seul à transporter des marchandises sur un chariot à Port Mathurin depuis plus de 40 ans. Aujourd’hui, je pense à tous ces agriculteurs, pêcheurs, chauffeurs, maçons, femme de ménage, pêcheurs d’ourites, mères de famille, ces fonctionnaires qui ont exercé leur métier avec endurance pendant de nombreuses années. Voilà le contexte à Rodrigues, leur opposition à cette réforme est forte malgré l’appel à la solidarité. Il est clair que cette réforme doit être aborder comme un véritable projet de société non pas seulement sous l’angle budgétaire. Peuple de Rodrigues, je vous assure que je vous ai écouté, compris et je ne suis pas insensible à vos préoccupations. Le gouvernement central certes a eu la double responsabilité, de respecter ses engagements envers le peuple et ses obligations internationales. J’espère que les comités qui seront créés pour trouver des solutions seront inclusifs, solidaires et flexibles dans leur approche. Il est essentiel de consulter Rodrigues pour élaborer une réforme acceptable car à Rodrigues, une réflexion systémique est nécessaire, tout y est interconnecté. Je suis convaincu que notre république saura collectivement bâtir un avenir meilleur basé sur la solidarité, la responsabilité et la durabilité. M. le président, ce budget prévoit R 5,785,000,000 pour Rodrigues, dont c’est R 5 milliards pour les dépenses courantes et R 785 millions pour les investissements. Je remarque une forte baisse des financements de l’Assemblée Régionale de Rodrigues, mais pourquoi ? Rodrigues est confronté à une irresponsabilité fiscale, ce qui nuit à la confiance dans notre autonomie. Au nom de l’OPR, nous sommes plus déterminés que jamais à tout faire pour restaurer cette confiance. D’ailleurs, des réflexions pour des propositions concrètes, pour une réforme de l’Assemblée Régionale de Rodrigues sont déjà en cours au niveau de l’OPR. Soyons honnêtes, il est temps de mettre fin aux méthodes de voyous qui n’en déplaisent à certains dans la gestion des affaires de Rodrigues. M. le président, je suis stupéfait par la réponse du Premier ministre à ma question B/537 du 17 juin dernier, concernant le budget de Rodrigues, notamment l’incapacité du gouvernement régional de Rodrigues, gouvernement Lallians à réaliser ces projets. C’est choquant et inacceptable ! Dans le budget de développement 2024-2025 seulement – oui la population – seulement 37 % des fonds alloués par le gouvernement central ont été dépensés, malgré le vote en faveur par l’honorable Buisson Léopold et moi-même. Imaginez-vous que seulement R 479 millions ont été dépensées, alors que presqu’un milliard de roupies n’a pas été utilisé et a été retourné à la caisse centrale, au détriment du développement de Rodrigues. La population de Rodrigues se révolte zot inn gagn miliar me zot napa vizion. Pourtant, ils ont même acheté 47 véhicules, aste loto elektrik pour la somme de R 147 millions, alors que le budget prévu pour cela n’était que R 33 millions. R 33 millions prévus, ils achètent R 147 millions loto, et on vient parler de trouver des solutions ici ? Rodrigues fait face à plusieurs dettes impayées par rapport aux fournisseurs, des contracteurs. Aucune – je répète – aucune nouvelle maison sociale n’a été construite pas pour trois ans, mais pour trois ans et demi. Je salue, M. le président, l’intention du gouvernement central d’amender la loi sur la Finance et l’Audit pour renforcer le contrôle, notamment pour s’assurer que les dépenses des ministères au niveau local respectent le programme approuvé par l’Assemblée nationale ; d’assurer que les mesures efficaces préviennent les dépenses non autorisées ou inutiles. Cela est plus que nécessaire par rapport à Rodrigues. Vous imaginez, on a présenté un budget gonflé de plus de R 500 millions sans contrôle ou l’approbation du ministère des Finances, qui a créé des défis juridiques, financiers, institutionnels et politiques. Au moment où je parle, M. le président, personne ne possède encore le Draft Estimates du budget 2025-2026 à Rodrigues en attendant son approbation par l’Assemblée nationale ici. Cela fait preuve d’irresponsabilité dans la gestion des fonds publics, avec des procédures incohérentes, de l’inefficacité et un manque de transparence. Par contre, ce budget national s’inscrit dans une volonté du gouvernement central de continuer ses engagements envers Rodrigues, notamment –  La connectivité aérienne avec la construction de la piste de l’aéroport de Plaine Corail, que nous soutenons pleinement.  Le projet de dessalement, financé par la MIC, initié sous l’OPR pour le secteur de l’eau.  La modernisation du système judiciaire avec l’introduction d’un système d’enregistrement numérique des audiences et des visioconférences pour la Cour de Rodrigues. Au nom du peuple de Rodrigues, notamment les villageois touchés par les inondations, je remercie le ministre des Finances pour les provisions dans ce budget, notamment pour la construction de drains par la NDU à Dans Darisse Quatre Vents, Baie Topaze, Pistache pour un total de R 174 millions. Ces projets sont en phase de tender, comme l’a annoncé mon ami le ministre, Ajay Gunness. Il est à noter que d’autres projets de drains et ponts sont en phase de finalisation, notamment les radiers à Mourouck, Diamant, Anse Pantia, Grand Baie, Baie du Nord et Rivière Cocos, ainsi qu’à Anse aux Anglais et Accasia. M. le président, Rodrigues doit faire face à de nombreux défis, nécessitant une attention particulière du gouvernement central, M. Assirvaden – o L’urgence énergétique : Rodrigues subit une situation alarmante en matière d’énergie. Je ne vais pas rentrer dans les détails. o La santé publique : toujours pas de CT-Scan à Rodrigues et le problème des transferts – comme mentionnait mon collègue Edouard – des patients à Maurice, o La Connectivité aérienne : un sujet de désaccord pour Rodrigues dans ce budget, concerne l’élimination progressive de la subvention sur les billets d’avion dans le cadre du Rodrigues Special Holiday Package Scheme. Un Billet avion coutera beaucoup plus chère. C’est de la mort lente à plusieurs niveaux. M. le président, la question de la mobilité entre Rodrigues et Maurice et de la continuité territoriale est essentielle du point de vue de l’égalité d’accès aux services et du bon fonctionnement économique. Parfois, trop de décisions unilatérales, surtout par Air Mauritius, imposées sur Rodrigues, suscite la colère du peuple et créé des tensions inutiles. Air Mauritius doit servir Rodrigues comme des vols domestiques dans le cadre de la République et non pour le profit, tout comme le font la CEB, la CNT ou le Metro, dans leur prestation de service public. Nous voyageons par nécessité vers Maurice et face à cette mobilité croissante, il est essentiel aussi que le Mauritius Shipping reprenne le service maritime passager comme option pour les voyageurs. M. le président, de plus, une approche pragmatique envers Rodrigues doit être privilégiée par de nombreuses autres institutions publiques et parapubliques. La lutte contre l’abus de drogues à Rodrigues reste prioritaire. Il faut protéger l’île, notamment contre la drogue synthétique. Faisons de Rodrigues une île sans drogues. Je tiens à cœur, il faut faire de Rodrigues une île sans drogues, et Maurice aussi, Mr Deputy Prime Minister ; il faut le faire et nous devons le faire. M. le président, avant de conclure, la situation sociale et politique de Rodrigues est préoccupante. Une bombe à retardement menace Rodrigues, tic-tac-tic-tac. Il faut la désamorcer pour libérer et sauver notre pays et notre peuple. Ma suggestion de réfléchir à une dissolution anticipée de l’Assemblée régionale a soulevé ce vieil adage latin – « Jupiter rend-t-il fou ceux qu’il veut perdre ? » M. le président, Rodrigues va toujours mal, zafer inn degrad plis e Rodrig an danze. Actuellement, on assiste à une usurpation du pouvoir sur le dossier des terres agricoles. La saga des terres agricoles avec des échanges houleux entres des politiciens irresponsables, entre commissaires sur Facebook.

The Deputy Speaker

You have one minute to go.

Mr François

Yes, I am following. An hon. Member: Tic-tac-tic-tac!

Mr François

Tic-tac ! Ah oui ! Tic-tac-tic-tac ! Parce que ce chaos politique, M. le président, affaiblit notre autonomie et l’intérêt publique du domaine aussi crucial que l’agriculture. Pe lager bay agrikol. Rodrigues subit – c’est un mot fort – une forme de kleptocratie. Oui, je dis bien kleptocratie avec ce nouvel épisode dans la saga de terre agricole. On a besoin de stabilité sociale et politique et certainement l’OPR, nous allons travailler pour sauver Rodrigues et sauver son peuple. La vision de l’OPR pour Rodrigues est d’atteindre l’excellence, avec une volonté d’innovation et de progrès tout en maintenant le cap vers un nouvel horizon. Soyez rassurés qu’avec une nouvelle administration, l’OPR s’engage à promouvoir une culture d’équité, de diligence, d’agilité, de création de richesse, d’innovation, de rapidité et d’effort collectif. L’OPR veut un autre destin pour Rodrigues et sa contribution dans la république. Je conclue en soulignant que le chemin de l’histoire n’est pas toujours sans obstacles, mais face aux épreuves, c’est avec courage et détermination que nous pourrons triompher et avancer ensemble pour bâtir un avenir partagé et plus radieux pour tous. Je tiens à remercier le gouvernement central, l’honorable Dr. Navinchandra Ramgoolam, Premier ministre et ministre des Finances, le Deputy Prime Minister, l’honorable Bérenger pour son écoute, ainsi que le Junior Minister Damry, le Secrétaire financier et toute l’équipe du ministère des Finances pour leur travail dans la préparation de ces documents budgétaires. M. le président, je vous remercie pour votre aimable attention. Tic-tac-tic-tac !

The Deputy Speaker

Thank you. Hon. Juman! (3.25 p.m.) Mr E. Juman (First Member for Port Louis Maritime & Port Louis East) : Merci, M. le président, de me donner l’occasion de partager mon opinion sur le budget, sur les débats budgétaires et c’est ma sixième participation dans un débat budgétaire et ma première en tant que membre du gouvernement. Le budget présenté le 5 juin par l’honorable Premier ministre est un budget de rupture, un budget de changement, un budget honnête, responsable, équilibré et surtout ambitieux. M. le président, permettez-moi de féliciter le Premier ministre, le ministre des Finances, le DPM, le Junior Minister, l’honorable Damry, pour une présentation de cette envergure parce que d’après ce qu’on a vu pendant les cinq dernières années du Dr. Padayachy, ce n’est pas du tout comparable. M. le président, je garde le volet de la pension pour la fin. J’avais préparé un discours mais, en chemin, quelqu’un m’a envoyé un live video de l’ancien ministre Padayachy. L’ancien ministre Padayachy ose faire une vidéo pour critiquer le Budget, pour dire qu’aujourd’hui les enfants dorment le ventre vide ? Quel culot, Monsieur Padayachy ! M. le président, de là où je m’adresse à vous, dans cette auguste Assemblée, je considère que c’est un lieu sacré, qu’on est dans le temple de la démocratie. La population nous a confié la responsabilité de la République, pas pour cinq ans, pas pour maintenant, mais peut-être que les décisions qu’on prend aujourd’hui auront des impacts sur les années et les générations à venir. Et je peux vous dire, au moment où je vous parle, ça gronde dans la rue. Il y a du mécontentement dans la population. Ils sont mécontents. Ils se sentent comme moi, comme-ci ils ont été bernés. Parce que moi, pendant la campagne électorale – je le dis, c’est un budget honnête et je vais être honnête, je l’assume – j’ai dit à la population que dès qu’on entre au gouvernement, on va baisser le diesel, l’essence par R 20 et cela tout de suite. J’avais dit que le Carer’s Allowance, ce n’était pas suffisant. On posait des questions et on parlait avec la population, et R 3500, ce n’était pas assez, et qu’on va augmenter cela à R 10 000. Je vous dis que la population est en colère. Mais, M. le président, ce que la population doit savoir, à travers vous, je m’adresse à mes collègues et aussi à la population – je suis sincère, je parle du cœur, je n’ai pas préparé un discours, j’ai mis cela de côté – ce que Monsieur Padayachy a fait, laissez-moi vous dire, ce n’est pas state of the economy. Là, ça j’ai participé aux débats budgétaires - c’est préparé par Monsieur Padayachy, par le gouvernement dirigé par Pravind Kumar Jugnauth. Allez à la page 497, item 1, Revenue, les Revenue Estimates, il avait prévu R 206 820 000 000.

The Deputy Speaker

You are referring to which document?

Mr Juman

Estimates 2024-2025. Vous savez, après que la population a sanctionné Pravind Jugnauth et son équipe, le Premier ministre, le DPM, le Junior Minister Damry et l’équipe ont travaillé, et voilà, ce qu’on voit : au lieu de R 206 820 000 000, on va collecter R 180 milliards – un trou de R 26 milliards – right from the beginning, dès le début de notre mandat. Vous savez ce qu’on peut faire avec R 26 milliards ? Vous savez, si on baisse le prix de l’essence – je parle sous la correction de l’honorable ministre Yeung Sik Yuen – par R 19.45 et le diesel par R 9.55, ça coute R 8 milliards – R 8 milliards ! Je parle sous la correction de l’honorable ministre Subron. R 3500 pour R 10 000, le Carer’s Allowance, moins d’un milliard de roupies. Voilà, la manipulation honteuse de Monsieur Padayachy et où nous en sommes aujourd’hui. La même chose pour la pension de veuve, d’invalidité, on aurait pu donner la pension de veuve, d’invalidité plus le BRP. R 26 milliards – et là, je vous parle de revenu, je ne vous parle pas de dépenses. Les revenus manipulés honteusement. Manipulation criminelle de la part de Monsieur Padayachy et avec la couverture de l’ancien Premier ministre. Voilà, où nous en sommes aujourd’hui. Et Pravind Kumar Jugnauth, l’ancien Premier ministre, il ose descendre dans la rue aux côtés des gens qu’ils ont martyrisés, saignés à blanc, et marcher à leurs côtés. Inacceptable ! C’est pour cela que j’ai mis ça de côté. Je parle à la population. M. le président, il qualifie le budget de l’honorable Premier ministre Dr. Ramgoolam de criminel. M. le président, est-ce que c’est criminel de prendre R 2 milliards de les mettre sur la table pour baisser les prix de produits de base pour la population ? Est-ce un crime ? Est-ce que c’est un crime de budgéter des dizaines de millions de roupies pour en finir avec le fléau de la drogue qui est en train de ravager notre pays ? Est-ce que c’est criminel de prendre avec celui qui est plus aisé et de donner au plus faible ? Est-ce que c’est un crime ? Est-ce que c’est un crime d’exempter 81 % de nos salariés d’impôts ? Est-ce que c’est un crime de prendre un peu plus d’argent avec celui qui gagne un million de roupies par mois ? M. le président, dans l’Estimates présenté, vous allez voir, en termes de TVA, les recettes des TVA, comparé à celui de Monsieur Padayachy, on va récolter moins. Qu’est-ce que cela veut dire ? On a augmenté le prix des véhicules. On a mis le duty sur les produits sucrés, les boissons gazeuses, les boissons alcoolisées. On a enlevé l’exemption pour les Smart Cities. Et malgré tout cela, la TVA est moins. Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est ça la philosophie de ce gouvernement qu’il faut comprendre. Quand vous allez au supermarché ou à la boutique avec peu d’argent, vous allez en sortir avec plus d’articles. C’est pour cela qu’on va récolter moins de TVA. Est-ce cela le crime ? Est-ce que c’est un crime d’investir R 5.4 milliards dans le port qui est à la traine, aujourd’hui ? Est-ce que c’est un crime de construire un entrepôt moderne pour la STC ? Pareil pour le service de santé digitale, est-ce un crime ? Mais si ça c’est un crime, Monsieur le Premier ministre, je dis bravo pour ce crime. Dans ce Budget, il y a des centaines d’exemples comme cela que je peux encore citer. Mais, revenons au crime. R 5.6 milliards, une vengeance politique – l’affaire Betamax. N’est-ce pas là un crime ? Pravind Kumar Jugnauth, ancien Premier ministre, ça ce n’est pas un crime ? R 1.9 milliards – Patel Engineering. Vous savez, on parle de beaucoup de milliards mais, c’est beaucoup, beaucoup d’argent. R 1.9 milliards – Patel Engineering. R 25 milliards. Je l’avais dit lors de mon débat budgétaire, en janvier 2020, hold-up. Pour la première fois, le ministre des Finances, M. Padayachy met la main dans la réserve de la banque centrale. Il avait pris R 25 milliards de la banque centrale ! Première fois ! BAI, vengeance politique, qui paye ? R 20 milliards. R 3.5 milliards, Maubank. R 15 milliards, write-off à la SBM. Pack & Blister, R 475 millions. Savez- vous comment cela a été approuvé ? En 27 minutes ! Un samedi, en 27 minutes par Dr. Joomaye, conseiller au bureau du Premier ministre. Pro bono s’il vous plaît! Bon marse ! Dimounn dir bon marse, bes la pay. Bon marse kout ser. R 475 millions approuvés en 27 minutes ! Aujourd’hui, à l’heure où je vous parle, les respirateurs sont en Espagne. On est en train de payer tous les mois des locations en Espagne dans un entrepôt. On a payé freight …

Ms Anquetil

Honteux !

Mr Juman

…des millions de roupies pour les retourner.

Ms Anquetil

Scandaleux ! An hon. Member : Shame !

Mr Juman

On est en train de payer des avocats, des experts pour tester les ventilators. Ça, c’est M. Joomaye ! M. le Premier ministre, je vous en supplie, demandez à la FCC. Ce genre de personne ne peut pas marcher comme ça. Imposib sa !

Ms Anquetil

Lamain dan poss !

Mr Juman

M. le président, M. Beekarry est un Mauricien. ICAC est une institution mauricienne de la République. Mais comment se fait-il qu’il soit payé par des centaines de milliers de roupies en dollars américains par mois ? Des centaines de milliers de roupies en dollars américains par mois !

Ms Anquetil

Révoltant !

Mr Juman

R 30 milliards, MMG, sans appels d’offres ! Avez-vous vu la différence ? M. Servansingh, sans appels d’offres, R 30 milliards. Il y a une semaine, l’honorable Sik Yuen répond à une question parlementaire, R 1 milliard de bénéfices – on a suivi le projet – comparé à l’année dernière. R 1 milliard ! Et M. Padayachy nous dit qu’après six mois, les enfants dorment le ventre vide ! Voulez-vous que je continue ?

Mr Jhummun

Sattar !

Mr Juman

Je vais vous parler de Sattar ! Des milliards de roupies pour Air Mauritius. Un avion, fully refurbished, remis à neuf, R 480 millions. Deux mois après, Sattar Hajee Abdoula le vend pour strap metal !

Ms Anquetil

Incroyable !

Mr Juman

Strap metal! Et pour prendre une décision pareille, savez-vous combien cela nous a couté et a couté à la population ? Plus de cent millions de roupies pour qu’il décide de vendre un avion qui vient d’être refurbished, remis à neuf, deux mois de cela. Et on lui paye des centaines de millions de roupies. Pravind Jugnauth dit que c’est un budget criminel ! Savez-vous qu’il y a une compagnie, terrain à bail de l’État, pied dans l’eau, qui a eu R 650 millions avec la MIC ? Il demande encore R 650 millions à la MIC. Cela fait R 1.3 milliard. Il fait une nouvelle demande de R 350 millions à la MIC. La MIC opère sous M. Padayachy, ancien ministre des Finances. Cela fait R 1,650,000,000. Il a un loan à la SBM et à la MCB qu’il ne paye pas. La SBM rachète l’emprunt de la MCB à R 475 millions. Ce qui est le plus grave, M. le président, c’est que depuis l’année financière 2022 à ce jour, ils n’ont pas déposé leur compte au Registrar ! Savez-vous qui est le Chairman de la compagnie ?

Ms Anquetil

Allez, dit-nous ! On veut son nom !

Mr Juman

C’est Kobita Jugnauth !

(Interruptions)

Hon. Members

Ayo ! Ayo !

Ms Anquetil

… franchement !

(Interruptions)

Mr Juman

Savez-vous qui est Kobita Jugnauth ?

Hon. Members

Non ! Non !

Ms Anquetil

Ancienne Première ministre ! An hon. Member : Dounk !

Mr Juman

C’est la femme de l’ancien Premier ministre, Pravind Kumar Jugnauth !

(Interruptions)

An hon. Member: Dounk!

Ms Anquetil

Shocking!

Mr Juman

Et savez-vous ce que le Registrar a recommandé ? Wind-up the company from Registrar!

(Interruptions)

R 3 milliards !

(Interruptions)

Ki sanla ki pe dormi vent vid la ? Kisan la ? Voilà l’héritage ! Voilà où nous en sommes aujourd’hui !

(Interruptions)

Des milliards de roupies ! Et aujourd’hui il ose venir donner des leçons !

Ms Anquetil

Pe vinn manifeste apre !

Mr Juman

Manifester ! Je demande à la population…

Mr Jhummun

Commission d’enquête !

Mr Juman

Je ne sais même pas quoi faire. Quelle enquête ? On ne sait plus quoi faire. Mais ce genre de personne ose venir donner des leçons devant la population ? Eh ou la ! M. le président, avant de terminer, …

The Deputy Speaker

You have three minutes!

Mr Juman

Three minutes. Sur le volet de la pension,…

Mr Bhagwan

To pann koz lor Bobby?

Mr Jhummun

Tro boukou ena!

Mr Juman

Bobby pe pense linn vinn Deol!

(Interruptions)

The Deputy Speaker

Let’s conclude!

Mr Juman

Sur le volet de la pension, j’assume ce que j’avais dit. J’avais dit qu’il y a un mécontentement. La manière dont cela a été présenté n’était pas une option. Je l’avais dit à la radio, un vendredi. Le Premier ministre n’était pas à Maurice. Connaissant le Premier ministre, le chef de ce gouvernement, il est à l’écoute et il a un cœur. On gouverne pour la population. Il m’a écouté. Il a écouté à la population. Il a écouté à nos collègues. Le Premier ministre, le DPM, les autres collègues parlementaires et ministres aussi l’ont étudié. Il a écouté ; il a tranché et il a mis sur pied deux comités. On fait confiance aux comités. Je suis sûr qu’il y aura un effet positif pour la population. M. le président, avant de terminer, je fais un appel à la population. On a hérité d’un pays à genoux. La situation est compliquée. La situation est difficile. Ce n’est pas en réagissant contre nous qu’on va réussir. Il faut travailler ensemble. Ce gouvernement veut être à côté du peuple, pour le peuple. Je demande à tout le monde de redoubler les efforts. Je vous donne mon exemple. Je travaille 15 heures par jour pour la population ;15, 16,17. Je suis sûr que mes collègues le font aussi. Je demande à tout le monde de se ressaisir et de travailler ensemble pour qu’on puisse sortir d’où nous en sommes aujourd’hui, par l’irresponsabilité, l’inefficience et les crimes qui ont été commis contre ce peuple par Jugnauth and company. Merci, M. le président, de m’avoir donné l’occasion.

The Deputy Speaker

Hon. David! (3.45 p.m.) The Junior Minister of Agro-Industry, Food Security, Blue Economy and Fisheries (Mr F. David): M. le président, permettez-moi de commencer mon intervention sur le budget de l’État en rendant hommage à un homme d’État, l’ancien président de la République, feu Kailash Purryag, qui nous a quitté avant-hier. Je souhaite partager avec cette Chambre la dernière session de travail que j’ai eue avec l’ancien président, qui s’est tenue, il y a deux ans, à son domicile avec des jeunes travaillistes, dont l’honorable Ms Daureeawo et moi faisions partie. Nous étions en train de préparer le congrès anniversaire du Parti travailliste. Feu Kailash Purryag, lors de cette séance, nous a partagé comment l’histoire du pays s’est façonnée. Il nous a parlé de la grande histoire, celle qu’on lit dans les livres. Il nous a aussi parlé de la petite histoire, celle que seuls ceux qui l’ont vécue connaissent. Et il nous a aussi relaté la façon dont la politique comporte son lot d’épreuves, de responsabilités et de choix. Parfois, des choix très difficiles. Et précisément, M. de président, faire des choix difficiles demande du courage et notamment du courage politique. Václav Havel, le premier président de la République tchèque, dans les années 90, disait ceci – « Le courage politique c’est de dire la vérité même quand elle est impopulaire. » La vérité qui se présente à nous, M. président, au sujet de notre système de retraite comporte plusieurs dimensions. Cette vérité est, tout d’abord, démographique. Le nombre des personnes en âge de travailler, je dis bien, en âge de travailler, c’est-à-dire de 16 à 64 ans, diminue. Alors que, le nombre des personnes âgées, c’est-à-dire de 60 ans à monter est en nette augmentation. En 2015, notre pays comptait 186 000 personnes de 60 ans et plus et aujourd’hui, seulement 10 ans après, ce groupe est passé à 257 000, soit une augmentation de 38%. Et, en parlant de 38, d’ici 2038, nos aînés seront au nombre de 315 000 et je serai moi- même, à deux doigts, pour ne pas dire à deux ans d’en faire partie. En fait, M. le président, quand je regarde chiffres que nous a présenté le Premier ministre, mardi dernier, on ne peut plus dire que la population mauricienne est vieillissante ; elle est déjà vieille. Et la vérité autour du Basic Retirement Pension est également physiologique car l’espérance de vie à l’île Maurice a augmenté, tant chez les hommes que chez les femmes. Autrement dit, les Mauriciens vivent plus longtemps et donc l’État doit payer plus longtemps la pension. Et, la vérité autour du BRP est évidemment, M. le président, économique. J’ai été sidéré par les chiffres donné par le Premier ministre mardi dernier au sujet du coût de la pension qui est passé de R 5,97 milliards en 2010 à R 55,4 milliards en 2025, soit une augmentation de 828%. Et, la vérité au sujet de notre système de pension est évidemment politique parce qu’elle met en lumière la différence entre le courage des réformateurs et la lâcheté des jouisseurs. Et, ces jouisseurs, en plus d’être des amateurs, étaient connaisseurs de la situation et cette situation est aujourd’hui devenue une véritable bombe à retardement. Tic-tac tic-tac comme disait, l’honorable François, juste avant moi. M. le président, j’aimerais faire référence au budget national 2004-2005 ; j’étais très loin de la politique à cette époque-là. C’était un autre député, David, qui siégeait dans cette Chambre. Le 11 juin 2004, soit 21 années de cela, dans cette même Chambre, le ministre des Finances de l’époque, un certain Pravind Jugnauth, présente son budget de l’État 2004-2005 et voici ce qu’il dit au paragraphe 263 de son budget. Je cite – “The Basic Retirement Pension is one item of government transfers that absorbs a lot of our resources …” Et, je continue plus loi au même paragraphe – “… a number of reports have questioned the long-term sustainability of the Basic Retirement Pension, especially as our population is fast ageing and BRP is fully funded out of government revenues. As a responsible government, we are studying the issue very carefully to map out our strategy on pension reforms.” Et, je cite, au paragraphe 295 du même budget présenté le leader du MSM – Government transfers are simply not sustainable if they are universal and open-ended. This puts a limit on our capacity to do more for the poorer segment of the population. I believe that this is an issue that calls for a bold decision.” Dixit Pravind Jugnauth, 21 ans de cela, dans cette Chambre. Je vous pose la question et je nous pose la question, à nous et à la population qui m’écoute. En 21 ans, Pravind Jugnauth, a été ministre des Finances pendant six ans, Premier ministre pendant sept ans. Quel bold decision a-t-il pris pour rendre notre système de pension de retraite soutenable ? N’est-ce pas lui-même et son gouvernement, par manque de courage politique, par manque de vision économique, qui nous ont entraîné aujourd’hui dans cet abîme tragique ? To add insult to injury, ce même Pravind Jugnauth, a le culot de défiler en chemise noire, avant d’hier, dans la manifestation organisée par les syndicalistes. Lui qui affirmait, il y a quelques semaines, que ce n’est pas la rue qui va dicter son choix et le choix de son gouvernement alors que celui qui a osé mettre fin à la communication sur les réseaux sociaux pendant la campagne électorale. Et par contraste, je demande la population de voir la différence. Par contraste, le Premier ministre actuel a renversé une décision arbitraire, du CEO de la COIREC, qui voulait interdire la manifestation publique de samedi et demander au Commissaire de police de permettre le rassemblement citoyen, qui pourtant, venait contester notre projet de réforme. Voilà la différence, M. de président, entre un homme d’État qui assume les chocs des idées et un homme de parti qui craint avoir du peuple, entre un démocrate protège les libertés mêmes quand ces libertés viennent le contester et un autocrate prêt à museler l’opinion préserver son confort. Voilà, la différence entre le Dr. Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth. Et, pour terminer sur ce sujet de retraite, M. de président, la vérité sur le Basic Retirement Pension, est avant tout patriotique. Car il ne s’agit pas seulement de chiffres ou de comptes publics mais de l’avenir même de notre pays. Pour celles et ceux qui ont entre 60 et 65 ans et qui pourraient être affectés aujourd’hui par la réforme comme les femmes de foyers, les personnes sans revenues ou à très faible pension ainsi que les personnes qui ne peuvent pas travailler en raison d’une situation de handicap, ce gouvernement explore actuellement des aides spécifiques, ciblées à travers deux comités dédiés à la justice sociale et qui rendront leurs rapports dans quelques jours. Mais il faut regarder la vérité en face, si nous ne faisons rien, notre système s’écroulera. Ce sont nos enfants et nos petits-enfants qui payeront alors le prix de notre inaction. Réformer c’est protéger ; c’est assuré à chaque génération une retraite digne, sans transférer nos erreurs aux générations futures. Refuser cette réforme, c’est choisir la facilité aujourd’hui, et l’effondrement demain. Agir maintenant, c’est faire preuve de courage, d’honnêteté et de patriotisme pour notre pays. M. le président, si notre système de retraite doit être réformé, notre économie, elle, doit être transformée. Je suis heureux d’informer la Chambre et la population qu’avec le ministre Dr. Boolell, et le soutien du gouvernement, nous sommes en train de transformer, ce qui a trop longtemps été perçu comme seul ministère de la Pêche, en ministère de la nouvelle économie de Maurice, l’économie bleue. Et c’est la raison pour laquelle, le Premier ministre et ministre des Finances, a annoncé dans son discours sur le budget 2025-2026, au paragraphe 63, sur les nouveaux ‘Pôles de Croissance’, la mise en place d’un vaste corridor d’investissement dédié à l’économie bleue. Et qui portera sur six secteurs stratégiques, à savoir la pêche durable et l’aqua culture, les énergies renouvelables marines, les tourisme et côtiers, le commerce maritime, l’innovation océanique et le financement bleue. M. le président, le Premier ministre l’a annoncé dans son budget et avec le ministre Dr. Boolell, nous avons déjà bien avancé sur la question, à savoir, la ténue des Assises de l’océan qui se tiendront, fort probablement, au mois d’octobre de cette année. Et, cela afin de mettre à jour la feuille de route pour l’économie océanique préparée en 2013 par le gouvernement de l’époque du Dr. Ramgoolam. Car, non seulement le gouvernement MSM n’a strictement rien fait en dix ans sur ce sujet, mais en dix ans, le monde a changé. En dix ans, l’océan a changé et nous sommes désormais confrontés à la montée du niveau de la mer, à l’acidification des océans, à la destruction des coraux, au changement climatique. Mais en même temps, l’océan ouvre des nouveaux horizons tels que la biotechnologie marine, le transport maritime vert, l’énergie éolienne en mer et un marché mondial en plein essor sur le financement bleu. Les assises de l’océan, M. le président, réuniront les ministères et départements, les organismes parapublics, la société civile, les experts, universitaires, les scientifiques, les chercheurs, les étudiants, les O.N.G., les pêcheurs, les professionnels de la mer sans parler des opérateurs touristiques et nous lancerons alors la stratégie nationale pour l’économie bleue 2025-2035. M. le président, cette nouvelle économie océanique est portée au plus haut niveau et pour envoyer un signal fort à la communauté internationale, c’est le Premier ministre lui- même qui a dirigé la délégation mauricienne donc j’ai fait partie à la troisième conférence des Nations unies sur l’océan qui s’est tenu il y a deux semaines à Nice, événement qui était coorganisé par la France et le Costa Rica. Et là, devant 50 chefs d’État et de gouvernement, 120 pays et 10 000 délégués, le Premier ministre s’est positionné en chef de la diplomatie bleue pour notre république. Il a affirmé haut et fort à la tribune des Nations unies que l’économie de l’océan et la conservation de la biodiversité marine doivent aller de pair. Il a lancé un appel à la coopération régionale pour la surveillance maritime des petits états insulaires. Il a sollicité l’expertise internationale pour la création d’une aire marine protégée autour de l’archipel des Chagos et il a annoncé la mise en place d’une faculté des études océaniques à Maurice et je tiens à faire ressortir, M. le président, que notre pays a ratifié et signé le traité Biodiversity Beyond National Jurisdiction (BBNJ), qui est un accord international visant à protéger la biodiversité en haute mer et que nous avons soutenu l’appel de Nice pour un traité ambitieux sur les plastiques. M. le président, parce que de l’économie bleue, c’est de la science, c’est de la gouvernance et c’est aussi de la finance, et plus précisément, l’accès au financement, nous nous devons d’optimiser notre déploiement de financement bleu, cela en levant les obstacles structurels, en développant des projets bancables, en attirant des start ups bleu et en renforçant nos instruments financiers durables qu’ils soient publics, privés ou mixtes. C’est précisément dans cette optique que nous avons été approchés par l’African Natural Capital Alliance (ANCA) qui a identifié l’île Maurice comme le pays idéal de la région pour accueillir un Blue Finance Hub en raison de notre position géographique stratégique, et de la solidité de notre secteur financier, cela encore si nous ne nous sommes pas dégradés dans les semaines à venir. Et cette collaboration, vise à promouvoir des investissements respectueux de la nature, à soutenir les politiques de financement de l’économie bleue et à mobiliser les ressources pour la résilience de nos écosystèmes marins et côtiers. Actuellement, au ministère, nous travaillons sur un MoU avec l’ANCA et dans ce processus, nous solliciterons bien évidemment l’avis du ministère des Finances, le cadre de régulation de la FSC en tant qu’autorité compétente ainsi que la validation juridique du State Law Office avant de soumettre un papier au Conseil des ministres. M. le président, imaginez un instant, l’ancien gouvernement MSM qui osait parler d’économie bleue sans même disposer d’une équipe dédiée à ce secteur. Après 10 ans de discours creux du MSM, c’est-nous aujourd’hui, le Changement, qui passons à l’action. Et nous sommes heureux d’annoncer que nous lançons la création de la Blue Economy Unit au sein de notre ministère et j’ai l’honneur de présider jeudi dernier, la première réunion interinstitutionnelle avec les représentants des différents ministères concernés et qui vont constituer cette nouvelle équipe bleue. Et je tiens, ici, à remercier nos collègues qui soutiennent cette démarche, le Premier Ministre qui, au-delà de son leadership océanique, a mis le département du plateau continental de son bureau à notre disposition car l’économie bleue, c’est aussi l’exploration de nos zones maritimes. Le Premier ministre adjoint qui anime régulièrement des réunions interministérielles sur l’industrie thonière, la gestion de nos îles pour la protection des mammifères marins ; le ministre délégué, l’honorable Damry, sans qui le financement bleu ne serait qu’un concept sans moyens ; les ministres, l’honorable Bhagwan et l’honorable Ms Bérenger car notre environnement marin est indissociable de notre environnement terrestre ; les ministres, l’honorable R. Duval et l’honorable Pierre car les activités touristiques aquatiques sont une source essentielle de revenus liés à la mer ; le ministre, l’honorable Assirvaden pour notre ambition dans l’éolien offshore, et enfin, le ministre l’honorable Ramtohul, dont les officiers étaient présents à cette réunion que j’ai présidé et qui vont œuvrer à la digitalisation des services liés à l’océan. À vous tous chers collègues, le ministre l’honorable Dr. Boolell et moi nous vous disons merci. L’économie bleue, M. le président, a vu sa contribution à notre PIB stagné autour de 10 % entre 2017 et 2025 et notre objectif est claire : doubler cette contribution pour atteindre 20 % de notre PIB d’ici 2035 et pour y parvenir, nous avons la vision, l’équipe et le plan d’action. M. le président, il me reste trois minutes, il me faudrait encore 20 minutes que je n’ai malheureusement pas pour vous parler de notre stratégie agricole qui vise à augmenter la production de sucre spéciaux afin de répondre à la demande croissante aux États-Unis, en Chine ou encore dans les états du golfe, notamment à Oman. Vous serez surpris de savoir, M. le président, à quel point à Oman l’on raffole de nos sucres spéciaux « Made in Moris » pour la confection de la pâtisserie. J’aurais besoin encore de plus de temps pour vous entretenir, des amendements que nous avons proposés à l’Animal Welfare Act de 2013 pour un meilleur bien-être animal, pour des lois plus strictes, pour l’obligation des refuges, pour la régulation des O.N.G. et pour l’introduction d’un système de demande de permis pour l’élevage. Evidemment, je pourrais également aborder les provisions budgétaires allouées à la lutte contre les inondations dans ma circonscription : à Canal Dayot, dans le village de Richelieu ou encore à Camp-Firinga mais rassurez-vous, M. le président, j’aurais certainement d’autres tribunes pour le faire et surtout pour les habitants de la circonscription No.1, soyez rassurés que le travail est en cours avec sérieux et avec détermination et avec mes des collègues ministres, nous ne manquerons pas de vous tenir informer de l’avancement des différents projets de protection, de réhabilitation et d’embellissement de nos quartiers. On an ending note, Mr Deputy Speaker, Sir, we used to present Mauritius as a Small Island Developing State, the SIDS, our ambition today is to present Mauritius as a Big Ocean State and Big Ocean State is abbreviated BOS. We want to be a boss in the region, we want to be a boss for the world. Yes, we want, yes, we can and we used to say that the sky was the limit, today we understand better that the ocean is the limit and the ocean has no limit. I am done, Mr Deputy Speaker, Sir.

The Deputy Speaker

Thank you. Hon. Ms Joanna Bérenger! (4.05 p.m.) The Junior Minister of Environment, Solid Waste Management and Climate Change (Ms J. Bérenger) : Je vous remercie, M. le président de séance. Pour la première fois depuis longtemps, nous avons devant nous un budget réfléchi avec un fil conducteur et qui s’attaque aux problèmes de notre économie à la source. Pour la première fois depuis longtemps, nous avons un budget où nous ne faisons pas semblant. Au fil des 10 derniers années, l’exercice budgétaire a été perverti par l’ancien gouvernement, il est donc urgent d’assainir nos finances, de rompre avec ce cercle vicieux, d’investir dans le secteur d’avenir et de bâtir une croissance économique solide, durable et crédible. Et, le budget présenté a pour but pour faire exactement cela. Chaque roupie compte et nous devons impérativement faire des efforts pour réduire notre niveau de dette. C’est donc pour cela qu’il a fallu entre autres venir de l’avant avec une réforme pour l’âge de pension du Basic Retirement Pension. D’abord, l’âge de départ en retraite à Maurice est déjà de 65 ans depuis 2008. Il faut également rappeler que notre système de pension universelle a été rendu possible pendant toutes ces années avant tout parce que la démographie de notre population le permettait. Aujourd’hui, contenue de la tendance démographique qui pointe vers le vieillissement de la population et le problème qui est la fuite de nos cerveaux. Il y a une pression énorme sur les jeunes employés pour soutenir le système de pension. Je ne vais pas répéter les chiffres déjà mentionnés, mais ils sont ce qu’ils sont et l’enjeu est le suivant : soit nous faisons la réforme aujourd’hui, soit la pension devra être réduite demain, ou pire il n’y aura pas de pension du tout pour qui que ce soit dans quelque temps. Donc, oui à la réforme de la pension mais oui aussi au comité mis en place pour ajuster, pour aider les plus vulnérables. Merci à l’honorable Premier ministre d’avoir été à l’écoute. J’encourage à continuer, à consulter, à comprendre les inquiétudes et oui aussi au sacrifice partagé. L’histoire sera toujours là pour nous guider. De bien des façons nous nous retrouvons aujourd’hui dans une situation que nous avons déjà surmontée par le passé. Un passé certes où je n’étais pas encore née, mais je me suis un peu renseignée. En 1982, le pays était, pour des raisons différentes, dans une situation économique tout aussi inquiétante, dette étatique trop importante, déficit budgétaire grandissant, et de la même façon en 1982 comme en 2025, il aura fallu coopérer avec les entités internationales - je dis bien coopérer ; pas se soumettre - et prendre certaines décisions difficiles pour augmenter les revenus de l’État et assurer l’avenir du pays. L’introduction de la Sales Tax, par exemple par le ministre des Finances d’alors a été une mesure qui n’était pas très populaire, mais elle aura permis de poser les jalons du miracle économique de la décennie qui a suivi et dont bien des générations ont pu bénéficier. La décision d’instaurer la Sales Tax n’était certainement pas une décision facile mais comme la réforme de la pension aujourd’hui, c’était une décision nécessaire pour ne pas sacrifier les générations suivantes et d’ailleurs, aucun gouvernement n’aura ensuite remis en question la Sales Tax ; bien au contraire. La population dans son ensemble avait compris et reconnu la vertu du sacrifice qui leur était demandé. Mais l’acceptation du sacrifice avait été facilitée, entre autres, par le fait que les dirigeants avaient choisi de montrer à la population qu’elle n’était pas seule à se sacrifier. Les dirigeants et dirigeantes s’étaient joints à l’élan de solidarité en refusant la compensation salariale, en abolissant les privilèges Duty free, en réduisant de 5 % le salaire des ministres, en réduisant le train de vie de l’État. Bien sûr que ce n’était pas ça qui avait redressé l’économie ou évité une troisième dévaluation de la roupie, mais le geste était symbolique, solidaire et exemplaire. L’exemplarité inspire confiance, motivation et suscite l’adhésion. Le budget de 1983 avait réussi à relever trois défis. Bien sûr, d’abord celui d’avoir, comme je l’ai dit, amorcé le miracle économique qui a suivi, ensuite et surtout, celui d’avoir suscité l’adhésion de la population malgré ces mesures difficiles et enfin, celui d’avoir réussi à protéger les couches sociales les plus défavorisées en dépit des contraintes et recommandations du FMI. Sur ce dernier point aussi, le parallèle peut être fait avec le présent budget qui est à féliciter, parce qu’il tient compte des réalités et des capacités de chaque composante de notre société. En effet, les diverses allocations qui étaient versées resteront telles quelles pour les plus démunis, pour ceux sur le registre social. Aussi, 81 % de la population ne paiera pas d’Income Tax – la TVA sera supprimée sur certains produits alimentaires spécifiques, un fonds de R 2 milliards est en train d’être mis en place pour la stabilisation des prix alors que de l’autre côté, nous demandons un fair-share contribution aux plus fortunés d’entre nous. Une contribution de 15 % supplémentaire. Il en va de même pour les compagnies à qui nous demandons une petite contribution de 5 % si leur revenu imposable annuel est supérieur à R 24 millions. Nous demandons un petit effort supplémentaire de 2.5 % aux banques. Nous demandons au smart city de ne plus se reposer sur les exemptions dont elles bénéficiaient. En bref, nous demandons davantage à ceux qui peuvent davantage et nous protégeons les plus démunis. Il faut aussi souligner les mesures sociales qui sont très louables comme celles qui prévoient le remboursement des frais de transport pour les personnes souffrant d’autisme. Celles qui prévoient la formation d’interprètes en langue des signes ; les interprètes qui sont un maillon essentiel pour l’inclusion de nos compatriotes en situation de handicap, et j’en profite pour suggérer à nouveau que nos débats parlementaires soient retransmis en direct en langue des signes, toujours dans un souci d’inclusion. Je salue également la décision d’élever le barème en place pour pouvoir bénéficier d’un logement social. La décision de mettre en place un Ombudsperson for health services ; une mesure dont je me réjouis, ayant été marqués par de bien tristes histoires. Pour ce qui est d’environnement, j’aimerais saluer particulièrement la mise en place du Deposit Refund Scheme sur les bouteilles en plastique PET dont l’impact négatif sur l’environnement, sur la faune, sur notre flore n’est plus à démontrer. Un système de remboursement pour chaque bouteille vide collectée et disposée d’une façon écologique à des fins de recyclage. Un système qui a fait ses preuves à l’étranger et que nous viendrons bientôt proposer à la Chambre à travers un projet de loi. J’aimerais également saluer la décision du gouvernement d’allouer R 30 milliards à la mise en place de projets de production d’énergie renouvelable. Cette mesure couplée avec notre engagement d’investir R 550 millions dans la formation, la reconversion et le développement des compétences pour les métiers d’avenir jettera des bases solides pour un secteur d’activité en forte demande. Des projets qui seront réfléchis et encadrés comme il le faut grâce aussi à l’engagement de revoir le National Development and Land Use Planning. Ce budget s’attaque aussi à un des plus gros défis environnementaux qui nous est posé – celui de la gestion de nos déchets solides. Il a été avancé dans le budget un plan concernant une stratégie de Waste To Wealth qui servira à améliorer la gestion des déchets sur le long terme. Sur le court et moyen terme, le développement de deux centres de tri et de compostage est déjà en cours, mais je saisis l’occasion pour lancer un appel à tous les entrepreneurs mauriciens de prendre avantage de ce budget qui identifie clairement les secteurs qui seront appelés à se développer fortement dans les années à venir et à saisir également toutes les opportunités qui se matérialisent sous le Innovative Mauritius Scheme. En parlant d’environnement et d’innovation, je ne peux finir mon discours sans faire un appel que je renouvelle presque tous les ans maintenant. J’aimerais demander humblement au ministre des Finances et à son Junior Minister que soit considéré pour les années à venir une réforme de notre système de comptabilité nationale afin d’y inscrire des indicateurs sociaux et environnementaux. La Banque mondiale, par exemple encourage une approche visant à mieux appréhender les liens entre environnement et économie, et encourage une croissance qui ne se fasse pas au détriment des richesses naturelles. En d’autres mots, elle propose une méthode de calcul de la croissance économique qui prend en compte le capital naturel. Cette méthode de calcul permet d’avoir une vision plus holistique de la richesse de notre pays, de soutenir une croissance plus durable, plus équitable ; en bref, une méthode de calcul qui nous permettra de prendre les meilleures décisions pour le pays, mais pas que. Elle permettra aussi certainement de sécuriser l’investissement provenant des fonds internationaux en place pour l’adaptation et l’atténuation des effets du changement climatique. En conclusion, ce premier budget de l’alliance du Changement est celui du retour de la responsabilité, de la cohérence et de la vision. Aujourd’hui, nous n’avons pas le luxe de l’inaction. Nous faisons le choix du courage plutôt que celui de la facilité pour préserver ce qui peut encore l’être et assurer aux générations futures la garantie de pouvoir bénéficier d’un héritage social qu’ils auront eux aussi bâti par leur travail. Cette réforme de la pension plus précisément n’est pas un reniement ; c’est un acte de courage et de responsabilité et le courage, c’est prendre des décisions difficiles, mais c’est aussi savoir se remettre en question. Il nous faudra ajuster, écouter les critiques, comprendre les inquiétudes, apprendre de notre passé, et nul doute que la population comprendra que rien de solide ne se construit dans la facilité. Nous avons aujourd’hui l’opportunité de nous unir autour de la vérité et de faire primer l’intérêt général sur la peur et la démagogie. Je vous remercie.

The Deputy Speaker

Thank you. Hon Minister Dr. Gungapersad! (4.16 p.m.)

The Minister of Education and Human Resource (Dr. M. Gungapersad)

Merci bien, M. le président. Pour moi, ce budget est avant tout un budget qui s’attelle à bâtir l’avenir de nos enfants et petits-enfants. C’est l’avenir de nos enfants et petits-enfants qui est en jeu, et c’est leur avenir qu’on doit protéger. Dans une interview pré budgétaire accordée à l’Express, le Premier ministre et ministre des Finances a déclaré ce qui suit. Je cite – « Ce sera un exercice particulièrement difficile et c’est pour cela que j’ai pris le portefeuille des Finances. Je n’ai pas voulu imposer cette tâche ingrate à quelqu’un d’autre. Après tant d’années en politique, d’échecs et de traversées du désert, je pense que j’ai les épaules assez larges pour les critiques à venir. » C’est ce qu’il a déclaré au journaliste de l’Express. Ces mots, ces paroles ne sont pas d’un simple politicien, d’un simple chef de tribu. Là, nous voyons la philosophie, les paroles d’un chef d’État, d’un homme qui sait prendre des décisions audacieuses qu’il faut. C’est quelqu’un qui a la carrure, la vision et même l’abnégation qu’il faut par des moments pareils. Comme disait Arnold Glasow – “A good leader takes a little more than his share of the blame, a little less than his share of the credit.” Voilà ce qui est ce Premier ministre et ministre des Finances ! À moins de retourner un petit peu dans la littérature, précisément Hamlet – “Something is rotten in the state of Denmark.” Au tout début. Et puis, il y a cette fameuse soliloquie de Hamlet qui dit – “That ever I was born to set it right!” Ou, après – “To be or not to be.” Nous, les gens lambda, n’avons pas su pourquoi le Premier ministre avait dit ce qu’il avait dit dans son interview pré budgétaire. Après, lorsqu’on va constater, on va analyser, on va éplucher le State of the Economy, page 5, le tout premier paragraphe, c’est assez clair ce qui a été écrit– “It is clear that there has been a deliberate trimming and cooking of data under the previous Government to convey a false sense of economic progress. After a thorough review of the situation, it has been found that GDP growth data has been grossly exaggerated.” C’est le crime dont parlait l’honorable Juman. C’est cela ! On n’a pas dit la vérité à la population. C’est bien que les auditeurs et tout le monde sachent ce qu’il y a et ce qui a poussé aux réformes. À la page 24 du même document – “The level of public sector gross debt has increased from Rs 238 billion as at end December 2014 to Rs 559.1 billion as at end-June 2024.” L’année dernière, debout dans cette même Assemblée, le 13 juin, j’avais nommé ce ministre des Finances, M. Padayachy, comme le père de l’inflation. J’avais cité cela dans mon discours. Et voilà, the State of the Economy nous révèle la même chose. Ensuite, c’est important de comprendre une autre chose qui est dite à la page 34 du document – “Mauritius has unfortunately witnessed in recent years a conspicuous weakening of its institutions.” On sort du domaine des finances et on part un peu plus loin. Oublions ce que cette auguste Assemblée était devenue avec l’ancien Speaker ou loud Speaker. L’ancien Premier ministre de ce pays, Pravind Jugnauth, qu’a-t-il osé dire et faire ? L’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth traite une Senior Magistrate de la cour de Moka d’incompétente et traite son jugement de bancal. Lorsqu’on parle de Mauritius has unfortunately witnessed in recent years a conspicuous weakening of its institutions, those who are listening to me, which institution was not soiled and sullied by the MSM government? Restoring the dignity of institutions is priceless and only a democrat can do it, like the present Prime Minister. You will not find him intervening in institutions. He allows institutions to function. We are told on the same page 34 – “Due to bad governance, Mauritius has lost this major advantage. The institutional strength of Mauritius needs to be reconstructed.” Pour terminer avec les citations du State of the Economy, page 45 – “It is clear that the situation calls for urgent and effective policies to reverse the deteriorating trends in the macroeconomic fundamentals, redynamise sectoral growth, rebuild the credibility and effectiveness of our institutions, and regain the high values that we have inherited from our forefathers.” M. le président, lorsqu’on a vu toute cette décadence institutionnelle, c’est le tip of the iceberg. Tous les membres qui m’ont précédé ont étalé les diverses dérives du gouvernement MSM. Il faut que la population prenne conscience de cela. Par exemple, la dilapidation des fonds publics, la MIC. Mais pas que les fonds ! La façon dont ce pays a été géré. La mort de Kistnen, par exemple. La façon dont le peuple était opprimé. Voilà pourquoi ils étaient offusqués que cet homme, Pravind Kumar Jugnauth, était en train de marcher à Port Louis ! Cet homme ? Comment peut-on accepter cela ? Je demande à la population, peu importe votre couleur politique, si vous avez la jugeote, comment accepter qu’un type comme cela participe à une marche ? Alors, le 17 juin, le Premier ministre et ministre des Finances nous explique clairement dans son statement le fondement même de la réforme du BRP. Il le dit très lucidement : nous n’avons pas d’autre choix que de réformer ce système insoutenable. Il ne le fait pas de gaieté de cœur. Il le fait, car il a une responsabilité envers l’histoire, envers son pays, envers les hommes et les femmes de ce pays, et surtout, envers les enfants et les petits-enfants, envers nos enfants et nos petits-enfants. Il est conscient que nos compatriotes sont inquiets. Voilà pourquoi il promet que le gouvernement va faire preuve de compassion. Il le dit lui-même. Le gouvernement ne laissera pas tomber les vulnérables, les plus démunis ou ceux qui sont dans le besoin. Le Premier ministre est à l’écoute de son peuple, C’est dans cette démarche qu’il a constitué deux comités ministériels. Et justement, le premier comité sera présidé par nul autre que le Premier ministre lui-même pour se pencher sur un mécanisme de soutien aux personnes âgées de 60 à 65 ans, dont les femmes au foyer, les travailleurs à faible pension ou les retraités sans autre revenu. Et l’autre comité sera présidé par le ministre de la Sécurité sociale. La constitution de ces deux comités réaffirme la compassion, la solidarité de ce gouvernement envers ceux qui sont les plus vulnérables, les plus nécessiteux de notre pays. Aucun politicien n’aime prendre des décisions impopulaires – aucun politicien. Et voilà pourquoi Theodore Roosevelt nous dit – “In any moment of decision, the best thing you can do is the right thing, the next best thing is the wrong thing, and the worst thing you can do is nothing.” Le gouvernement MSM chose the last option. The worst thing they did, they did nothing. And for that, we need to salute the courage of the Prime Minister, the DPM and all Members present here for the courage to dare to take decisions. In the same document presented on 17 June by the Prime Minister, Minister of Finance, in the conclusion, I would like to highlight a few items that he mentioned. La réforme est nécessaire pour assurer – (1) la survie du système de pension ; (2) un financement équitable pour tous ; (3) une protection réelle pour les plus vulnérables, et (4) c’est une décision difficile mais responsable et nécessaire et le gouvernement s’engage à ne laisser personne à côté. We have to take tough decisions today so that our children, our grandchildren do not face more dire, more difficult, more horrendous future tomorrow. If we do not build bridges today, our children and grandchildren will not be able to cross the hurdles in the days to come. These decisions have to be taken because history calls for bold decisions and we are not going to shy away from our moral or political responsibilities. Mr Deputy Speaker, Sir, let me, now, move to the education sector. Education and human resource development is crucial to our vision to propel our economy to new heights. Thus, Government is committed to transforming our education system into an inclusive model, reshaping the social fabric to ensure equity and opportunity for all. To achieve this, we must strengthen our education system by unlocking the creative and innovative potential of our children, fostering both talents and non-intellectual skills, as highlighted in paragraph 48 of the Government Programme. Let me highlight a few key measures mentioned in the Budget. In the Budget, for education, we have four major key challenges for the educational– (1) high dropout rates; (2) skills mismatch between education programmes and job market demand; (3) prevalence of indiscipline and drug abuse in schools; (4) integrating learners with disabilities into mainstream education. That is why we are ushering in a new social order. Education will provide this opportunity to come with this new social contract for education. Together with the Minister of IT, hon. Dr. Ramtohul, we are working on how to harness the multiple possibilities of AI and we looking on how to bring AI in upper primary schools so that our kids, right from primary schools, can harness the multiple possibilities of AI. We are also broadening our consultation so that stakeholders feel part and parcel in the educational process. That is why we organised and held les Assises de l’Éducation, both in Mauritius and in Rodrigues. We have also increased the budget for special education needs from Rs132 million last year to Rs562 million for the present budget. Mr Deputy Speaker, Sir, we are going to launch a massive sensitization campaign on bullying and cyberbullying. It is a real issue which is causing a lot of harm in our schools. It is a problem which has not been addressed properly over the past 10 years but, we are going to do so. There is a committee at the Ministry of Education which is overseeing this and I hope it will soon reach out different localities of the country. We also have two drug prevention programmes which are on but we also care for the social and emotional well-being of our kids. Next, we want to have a proper audit of public primary and secondary schools’ infrastructure. Many schools were built 60-70 years back and that is why we have a problem with the infrastructure. When I took office, I was a bit scandalised, Mr Deputy Speaker, Sir. How come a student leaves the primary school at the end of six years without mastering basic literacy and numeracy? How come? How is it possible? We are talking about basic literacy and numeracy. We have now launched this reading campaign in schools. We are also looking at the STEM Education Programme, Career Guidance and so on. I am happy that this Budget is making provision, for example –  Rs10 million for the audit of primary and secondary schools;  for health and wellness activities, the budget has increased from Rs4.5 million to Rs8 million, and  Rs1.5 million for psychosocial well-being in our schools. Where was Padayachy? Today, he is treating us of criminals but, where was he when our kids were suffering? You will be shocked, in most schools, for the past 10 years, no tables and chairs were provided. In most secondary schools, electric supply was not provided. The other day, hon. Bhagwan went to JKC – they have been waiting for eight years. In Raman Osman, it is the same issue. When we went to Royal College, Port Louis, we have now found that a classroom block of 16 classrooms will have to be pulled down. What has the previous government been doing? And they are calling us names? How dare they do that? This is a problem. This Government has put an end to this and that is why it is important to mention this, from abyss to prosperity. Let me translate it in French – de l’abîme à la prospérité. Nos enfants étaient dans l’abîme ! Our kids were suffering. Who are those kids we are talking about? Those kids who were forced to join the Extended Programme. Those kids who could not pass, who did not pass PSAC Examination, and were forced to go and stay in secondary schools and take the highly competitive and selective examination of NCE. This Government, as soon as we came in power in November, we came with the Foundation Programme in January. No more NCE Examination for our kids who cannot make it in the PSAC Examination. And Padayachy, the Jugnauth, the Dookun and the others, come and give us lessons in that sector! Over the years, they have massacred the future of thousands of our kids. In Extended Programme in 2022: 1,880 students, 2023: 1,958 students, in 2024: 1,922 students. In all, in these three years, this MSM government has massacred the future of 5,760 kids. Today, we are taking these kids from abyss to pedagogical prosperity. We are providing them an adapted curriculum for their needs and after three years in schools, they are going to get a certificate at the NC2 Level which will allow them to join MITD and other training institutions. They did the same thing with the five-credit formula. We are not! Let the population understand it. On n’est pas en train de baisser le niveau de l’éducation. Que ça soit claire et net ! Mais il faut comprendre que tous nos enfants n’ont pas les mêmes aptitudes.

Ms Anquetil

Yes !

Dr. Gungapersad

Il faut prendre en compte ces enfants-là. Ce sont nos enfants, ce sont les enfants de la république. And, Mrs Dookun came because of her stubbornness and sitting at the back here in the Opposition, week after week, I would come and asked her to review this decision and she was adamant because it was not new. We read reports. We read statistics. We read researches based on that and because of her, in 2022, les enfants qui n’ont pas obtenu cinq credits, 3,081 enfants, 2023 : 2,743 enfants, c’est à dire en tout, 5,824 enfants de la république n’ont pas eu la chance d’être promoted in Lower Six. Et ce gouvernement, notre gouvernement, une promesse électorale, parole donnée, et voilà parole respecté. For that, I thank the hon. Prime Minister, the DPM and the Cabinet and everyone present here for the decision, to stand by this decision. Today, this year, we are allowing 2,532 élèves qui n’ont eu que trois ou quatre credits to be promoted in Lower Six. Ce sont nos enfants. We need to look after those qui sont moins doués dans la société. C’est ça, prendre les enfants d’une situation where they were in pedagogical abyss, academic abyss and we are giving them this opportunity to move out of it. We also have earmarked budget. We are not just talking, we have earmarked budget for that but no matter what you can say against this government, I hope people do not forget to read what this Government is doing for our kids with special needs. Whatever be the economy, this Minister of Finance, this Prime Minister has almost trebled the budget for our kids with special needs. This is a caring government. This is a government which cares for our vulnerable children and we are going for this year, we are going to set up SEN Resource and Development Units in five primary schools. We are going to set up SEN Integrated Unit in Primary Schools and there is budget for that and Rs 2 m. for that. Can you realise it? Most of us here, those of my age know the importance of inter- college, inter-school sports competitions, occasion, opportunities to meet to showcase our talent for the past ten years, we didn’t have that. Along with my colleague Minister of Youth and Sports, today, Mr Deputy Speaker, Sir, 7,500 kids of primary and secondary schools have participated in football, volleyball, athletics and other activities and the finals will take place in Côte d’Or in the month of July. Not only sports, we have organised similar activities in the field of music and dance and Dr. Padayachy dares to call this budget ‘un budget criminel’. Quel audace! Quelle petitesse d’esprit ! So, we are looking after our kids in multiple ways. Now, Mr Deputy Speaker, Sir, it is important for the public out there to realise la mauvaise gestion du système éducatif et là, ce n’est pas moi qui le dit. I will refer to the Director of Audit’s Report and he makes it clear. He makes it clear that the previous government failed miserably in a myriad of cases. But I would like to highlight a few only, especially where the Director of Audit says, on page 101 in his Report, I quote – “Secondary Schools in Mauritius face significant challenges related to violence and indiscipline, which have contributed to problems such as bullying, absenteeism and dropouts.” That is why the other day when the hon. Leader of the Opposition came with that particular question, I couldn’t take it. Because they should have asked the same question to the former Minister of Education, because today, like most of my friends here, we have inherited the mismanagement of our predecessors. Just like hon. Assirvaden, now he has to look for funds and go and build the reservoir Rivière des Anguilles and in their budget, il y avait souvent des anguilles sous des roches et je ne sais pas où and in his constituency. We have to look for solutions. Electricity, hon. Assirvaden will have to look for means and ways now in order to address that issue. The same thing for sports; ten years no sport in schools but we are doing it. We will face a few problems with kids going out of school premises but we are ready to face that. Our kids need to play. The hon. Minister Ajay Gunness; pot holes here and there, roads not tarred properly and today we have to do that. And what about hon. Anil Bachoo, Minister of Health and Wellness? Today, he has been able to bring his leadership. Patients are treated in a different way. What about the eleven persons whom we lost? Dialysis patients! And this government, which believes in transparency, came with the report – not like that previous government. And if we go on like that, hon. Bhagwan now has to clean the mess everywhere. John Kennedy, I thank you for that, hon. Bhagwan, a secondary school neglected! The same thing in almost all Ministries, and I may say one of the worst ministries inherited by our Prime Minister is the Ministry of Finance because we had Dr. Padayachy over there. Un incompétent comme lui qui vient nous épater dans la langue de Molière mais on n’est pas impressionné. Even you name the sector, whether it is the Ministry run by hon. Reza Uteem or hon. Aadil Ameer Meea or anyone else, you name it because that government, c’est ça le crime que ce gouvernement a fait, n’a pas su gérer les affaires de l’état. Now, the public will have to understand this, qu’est-ce qu’on a herité? Dans quelle situation we are? What is the mess? But we are not complaining. Like I said earlier during my intervention, in November last year, the government gave a clear mandate to the hon. Prime Minister and the DPM and what did they do? They gathered their army, leurs lieutenants d’après leurs grades et compétences. Ils ont donné des responsabilités and we are going to assume our responsibilities. Mais pas après six ou sept mois, vous allez nous demander des comptes. Pour eux, dix ans, vous ne demandez pas des comptes ! Pour nous, sept ans ? Hon. Woochit, will now have to undo the wrongs committed by them. Yes. Even culture suffered. And fortunately, hon. Dr. Ramtohul, will not come and tell you that his laptop pe eklate, I hope. Mr Deputy Speaker, Sir, we are coming with changes as well. It is mentioned in the budget that we are coming with the National Education Council and the National Curriculum Advisory Board. Curriculum cannot change on the whims and caprices of politicians. I am the first one to say that. We need to have a Curriculum Advisory Board, which will be operational peu importe le gouvernement du jour. And, this Curriculum Board, will have to be manned by people who understand curriculum. Pas des petits, like you know, in which country, will you have the Minister of Education and the person running PSEA – today they dare to ask, hon. Subron, question about conflict of interest. Can there be a greater, bigger conflict of interest than that? And there was problem when we came, there was tension between Federation of Managers and SeDEC and the PSEA. They were short of funds and this government immediately, in December, gave Rs150 million to those fools qui étaient à sec financièrement. C’est ça la gestion du MSM. M. le président, si moi j’avais résumé ce budget, c’est un budget avant tout pour nos enfants et nos petits-enfants. C’est dans leurs intérêts que le Premier ministre et ministre des Finances, ont conçu ce budget-là. And when we talk about bridges, that metaphor is important for the public to understand. It is a bridge of hope; it is a bridge which will extricate us from this abyss in which we are. It will take us towards a better tomorrow. The father était celui qui a libéré ce pays du joug colonial. Le papa, SSR, I pay tribute to him. Why? Because thanks to his vision, people like me and others in this House, we got education. Thanks to him, we all can stand and some will dare ask be ki zot inn fer? Can there be something more priceless than education that we got? And the son, liberated this country in November 2024, freed this country from the shackles in which it was, from the abyss in which it was. And, now, il a la tâche ingrate, encore une fois, et il le dit lui-même, il prend la responsabilité de nous libérer de ce marasme économique dans lequel nous nous sommes enfuis par l’incompétence de ce gouvernement MSM. That is why, a good leader takes a little more than his share of the blame; a little less than his share of the credit but, mark my words, it will be in Hansard. In the years to come, we may or may not be here, people will remember. Future generations I am talking, future generations will remember that when the time came to take bold decisions, there were men and women, in this Assembly, the Prime Minister, the Deputy Prime Minister and his Ministers, Junior Ministers and Members of Parliament and others. And, outside also there are people, who are supporting us. We understand, quelque part leur amertume, mais lorsque les clameurs vont se taire, we are going to see through properly. And to end, for the public listening to us, one stanza from Tagores’ Gitanjali comes to my mind, not the one which is very well-known – ‘Where the mind is without fear’ Not that one. The next stanza, just after that, and it is meant for everyone to ruminate, to ponder, to reflect on it. Most of us, here, it applies to us – “This is my prayer to thee, my lord – strike, strike at the root of penury in my heart. Give me the strength lightly to bear my joys and sorrows. Give me the strength to make my love fruitful in service. Give me the strength never to disown the poor or bend my knees before insolent might. Give me the strength to raise my mind high above daily trifles. And give me the strength to surrender my strength to thy will with love.” We are facing the storm but we have the courage to face it because we are on the right side of history. Thank you, very much.

The Deputy Speaker

Thank you! This is the right time for a break. I suspend the Sitting for half an hour. At 4.53 p.m., the Sitting was suspended. On resuming at 5.33 p.m., with the Deputy Speaker in the Chair.

The Deputy Speaker

Please be seated. Hon. Members, before we proceed, I have an announcement to make.


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